La fabrication d’une monnaie.

L’histoire monétaire se divise en trois grandes périodes.
  • la période de la frappe au marteau , jusqu’au XVIème siècle.
  • la période de la frappe au balancier , du XVIème au début du XIXème siècle.
  • la période de la presse monétaire , depuis 1830.

La fabrication des monnaies s’effectue en deux phases.

  • la fabrication des instruments de frappe, blocs d’acier appelés "coins" portant en creux les effigies, les inscriptions qui doivent apparaître en relief sur les pièces.
  • la fabrication des pastilles de métal, appelées "flans" destinées à devenir des pièces de monnaies.

La frappe au marteau.

Le monnayeur plaçait le flan horizontalement entre les deux coins.

Le coin inférieur, appelé "pile", était enfoncé dans un billot.

Le monnayeur plaçait le coin supérieur sur le flan et le frappait de plusieurs coups de marteau, de façon à faire pénétrer par écrasement le métal du flan dans les gravures en creux des deux coins d’acier.

Cette opération se pratiquait à froid et elle formait un bourrelet autour de la pièce, ce qui donnait aux fraudeurs la possibilité de rogner pour en récupérer le métal.

C’est la raison pour laquelle Henri II a cherché un procédé qui a permis de donner aux pièces de monnaie une forme circulaire parfaite.

La frappe au balancier.

Henri II a appris qu’un inventeur d’Augsburg, Max Schwab, avait mis au point un nouveau procédé de frappe.

Son procédé et ses machines comprenaient des laminoirs, des bancs à tirer, des découpoirs, des balanciers et des tenailles.

Cette première tentative de mécanisation a été un succès complet sur le plan technique.

Les pièces obtenues étant parfaitement rondes et impossible à contrefaire.

Mais l’adoption du balancier s’est heurté à une opposition aussi bien des officiers de la Cour des Monnaies que du personnel des ateliers. Ils craignaient la suppression d’une partie de la main d’oeuvre.

Il a fallu attendre 1645, sous Louis XIV, pour que le procédé de la frappe monétaire mécanique soit définitivement acceptée.

Le balancier comportait un corps très massif, en forme d’arceau, capable de supporter des pressions élevées. Il était fixé sur un billot de bois, actuellement remplacé par un bloc métallique appelé "table". Sa partie supérieure portait un écrou en bronze traversé par une vis d’acier dont la tête était encastrée dans un bras horizontal. La vis montait ou descendait selon le sens dans lequel on faisait pivoter le bras. Celui-ci comportait à chaque extrémité des boules de plomb à anneaux destinés à recevoir des cordes sur lesquelles les ouvriers tiraient pour mouvoir le bras et obtenir l’effet de percussion.

Cette machine a connu des perfectionnements.

Les progrès mécaniques ont permis d’augmenter la cadence de frappe.

La presse monétaire.

La presse monétaire a été inventée vers 1830, par un mécanicien allemand, un certain Uhlorn, qui a eu l’idée de substituer à la percussion par vis du balancier la pression d’un levier.

La première presse française, construite par Thonnelier, a été installée à la Monnaie sous Louis-Philippe en 1845.

Elle était actionnée par deux hommes tournant une manivelle. On a remplacé la force musculaire humaine par la machine à vapeur.

Actuellement, le flan reçoit d’un seul coup l’empreinte de la face, du revers et, éventuellement, de la tranche.

Préparation des flans.

Jusqu’au XIXème, les métaux et alliages constitutifs des monnaies étaient ceux que l’on connaissait depuis l’antiquité, à savoir: l’or, l’argent, le bronze, le cuivre.

Mais, la demande en numéraire s’est accrûe et n’a pu être satisfaite que par la création de technique de fabrication à partir de métaux nouveaux tels le nickel, le zinc, l’aluminium.

Fabrication des flans.

Elle passe par trois phases:

  • fonderie
  • laminage et découpage
  • le tri

Fabrication des coins.

L’artiste créateur du modèle sculpte l’effigie en relief de l’avers et du revers de la pièce.

Les dimensions de ce modèle sont environ trois fois supérieur à celles de la pièce à réaliser.

Celles-ci sont ensuite placées sur un tour à réduire, qui travaille selon le principe du pantographe, mais dans les trois dimensions. On obtiet le poinçon.

Ce poinçon d’acier est imprimé sur un coin qui devient la matrice d’origine.

Ensuite, on les reproduit en passant de l’empreinte en relief à l’empreinte en creux, et vice versa. On obtient ainsi des poinçons et des matrices de reproduction, et enfin des coins qui constituent, montés sur des presses monétaires, les outils du travail final.

Frappe des monnaies.

La frappe est exécutée par compression du flan entre le coin "face" et le coin "revers" à l’intérieur d’une virole cylindrique qui limite l’écrasement du métal et forme la tranche de la pièce.

Si la pièce porte une inscription sur la tranche, la virole gravée est constituée de trois pièces qui s’écartent au moment de l’extraction.

L’inscription sur la tranche peut être réalisée de trois manières:

Avant la frappe.

Les flans sont mis dans une cordonneuse adaptée et passent dans une entaille d’un coussinet, dans laquelle le motif ou l’inscription est gravée sur la tranche.

L’inscription apparaît en creux sur la tranche.

Pendant la frappe.

Les flans sont mis dans une virole brisée, de sorte que les pièces puissent être rejetées plus facilement hors de la machine entre les deux coins après la frappe.

L’inscription apparaît vers le haut en relief sur la tranche.

Après la frappe.

Les pièces de monnaie passent dans une machine spécialement conçue à cet effet, où leur inscription sur la tranche est créée au moyen d’un coussinet.

Ce procédé demande assez bien de temps et n’est, de ce fait, utilisé que pour les pièces de collection frappées avec le plus grand soin.

Des contrôles extrémement précis sont effectués à chaque stade de la fabrication.

Les pièces défectueuses sont éliminées et cisaillées.

Il est rare qu’une pièce présentant un défaut puisse être mise en circulation, mais lorsque celà arrive, son originalité et sa rareté en fait immédiatement une pièce de collection très recherchée.

 

( voir les photos dans l’album photos " La fabrication d’une monnaie ".

 

                                        

 

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