La bractéate allemande.

On a donné le nom de bractéate à de nombreuses plaques d’or ou d’argent estampées et qui servaient d’ornements ou d’amulettes, principalement en Suède et en Norvège .
Le nom de bractéate appartient aussi à de nombreuses monnaies portant une seule empreinte, en creux d’un côté et en relief de l’autre.
Les bractéates ( de bractea : mince feuille de métal ) sont presque toutes en argent .
Quant aux bractéates de cuivre, pièces unifaces de billon, plus modernes n’ont aucun rapport avec les autres .
Il existe quelques bractéates en or, surtout des rois de Bohême .
A l’origine, la bractéate allemande équivalait au denier à double empreinte .
Pendant les XIIème et XIIIème siècle, on l’appela " pfennig ".
Il ne faut pas confondre avec " Hohlpfennig ", pfennig en creux, qui paraît déjà en 1368 et qui s’applique à des monnaies divisionnaires de billon, unifaces .
Les premières bractéates paraissent en 1125, sous Lothaire II, et étaient fabriquées en Thuringue et dans les pays voisins de la Saxe .
La plus ancienne bractéate impériale appartient à Frédéric 1er Barberousse, après 1152, avec le titre REX .
Les grandes bractéates appartiennent en majorité à la Thuringue, au Harz et aux régions de Haute et Basse Saxe .
Plus tard, elles envahissent la Souabe et la Suisse .
Les bractéates de la belle époque sont plus plates que celles du XIIIème siècle .
On a donné le nom de cupulaires ( Schüsselfoermig ) aux grandes bractéates du XIIIème siècle .
Leur bordure circulaire, d’un relief considérable, fait ressembler à des écuelles .
Au XIIème siècle, on frappa des deniers à double empreinte, très minces, d’un large diamètre, on les appelle " demi-bractéates ou doubles bractéates ".
Les reliefs de ces monnaies étaient peu distincts à cause du peu d’épaisseur du flanc . C’est cet inconvénient qui fit fabriquer des bractéates à une seule empreinte .
Les demi-bractéates étaient en usage dans le sud de l’Allemagne et en Suisse .
On trouve des bractéates coupées en deux ou en quatre pour les besoins des petits commerces .
Ces pièces étaient la seule division du pfennig bractéate jusque vers le milieu du XIIIème siècle, époque où on commence à frapper des bractéates appelées "Haelblinge" puis "Scherfe" qui étaient la moitié du pfennig .
En Allemagne méridionale, les haelblinge furent remplacés par une petite monnaie marquée d’une main, très mince mais à deux faces, qui parut d’abord à Halle, en Souabe et prit le nom de Heller .
Les bractéates étaient frappées avec des coins en fer, et la partie en contact avec le coin était le côté relief .
Les types ne donnent que peu d’éléments pour la classification .
Les bractéates des seigneurs présentent un personnage princier vu de face, et celles des états ecclésiastiques, un prélat assis de face, avec les épaules et les genoux saillants .
On trouve quelques bractéates représentant un évêque à côté de l’Empereur ou d’un saint ou d’un bailli, beaucoup portent le saint patron de la ville
En dehors des représentations de monuments, les bractéates montrent souvent une coupole ou une tour abritant le personnage .
Les légendes sont toujours en latin . L’orthographe est très variable .
Certaines initiales indiquent un atelier ( A : Arnstadt ; E : Erfurt ; …).
Les initiales gothiques placées dans le champs des pièces paraissent indiquer les émissions qui étaient fréquentes, car on refondait chaque année les bractéates de l’année précédente .
Il existe également des bractéates muettes, dont le classement ne peut se tenter qu’approximativement par le blason ou des comparaisons .
Beaucoup de bractéates portent dans le champs divers signes, feuilles, besants etc … dont on ne connait pas la signification mais qui facilitent le classement des pièces muettes .
Les bractéates des empereurs se distinguent par la présence des insignes : couronne, sceptre et globe crucigère .
Les plus anciennes portent des légendes .
Les empereurs sont, presque toujours, assis de face avec le sceptre fleurdelisé . Quelquefois, ils sont debout, plus souvent, ils sont à cheval et portent la bannière et le bouclier triangulaire .
Les bractéates impériales frappées en Souabe sont presque toutes muettes .
Les types principaux des bractéates impériales de Souabe sont : tête de l’empereur de face, lion et demi-aigle adossés, sous une couronne, lion passant, l’empereur sur un lion, deux têtes couronnées de face, l’empereur assis, lion passant à tête humaine dont la queue se termine par un lis .
Peu à peu, les bractéates diminuent de diamètre et de poids .
Après l’apparition du gros de Prague, à deux faces, elles ne furent plus qu’une monnaie de billon .
 

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