Le Comté de Flandre.

Brugge.
Les origines de Bruges se perdent dans la nuit des temps.
A partir de quel moment des tribus primitives s’y sont-elles installées ?
Sans nul doute plusieurs siècles avant les débuts de notre ère chrétienne et avant l’époque où Jules César vienne guerroyer contre les Ménapiens.
Déjà à cette époque Bruges existait.
Une population celtique y vénérait un cours d’eau.
D’autre part, au début de notre ère des villas romaines se construisent à Bruges, ce qui prouve également que ce lieu est déjà habité.
Pourtant, tout cela reste assez vague.
Il en va de même quant à la christianisation de la région qui aurait été conduite par Saint-Eloi, vers les années 650.
L’an 843 est une date très importante dans notre histoire.
Par le traité de Verdun, l’Empire de Charlemagne a été divisé en trois royaumes.
La région située entre la mer du Nord et l’Escaut est incorporée dans le royaume de Charles le Chauve, la Franconie ou France.
Grâce à une action d’éclat, Baudouin est parvenu à enlever Judith, la fille du roi de France Charles le Chauve, et à l’épouser.
Charles, beau-père malgré lui, en a fait le premier Comte de Flandre.
Baudouin 1er Bras-de-Fer est devenu ainsi le fondateur d’une dynastie comtale qui a règné sur la Flandre pendant plus de cinq siècles.
Le comté de Flandre a d’abord été le fief du roi de France et a partagé, plus tard, le destin des Pays-Bas bourguignons ( 15ème siècle ), des Pays-Bas espagnols ( 16ème et 17ème siècle) et enfin des Pays-Bas autrichiens ( 18ème siècle).
De Bruges, Baudouin 1er en fait sa capitale et lui offre la protection qui était vitale pour sa survie.
Il fait encore plus pour sa ville, il lui octroye ses premiers privilèges, la laissant battre monnaie.
Après Baudouin 1er Bras-de-Fer, la puissance du Comte de Flandre ira croissant.
Pour Baudouin, comme pour les autres Comtes de Flandre, Bruges est la résidence principale, la capitale et le centre du pouvoir.
Par conséquent, ils veillent à la protèger et à la fortifier au maximum.
 
Bruges et les Comtes aux 12ème et 13ème siècle.
Ces Comtes continuent à être de grands personnages, sans qui rien ne se fait dans la politique de l’époque.
Inévitablement, ils se trouvent mêlés à toutes les querelles qui déchirent les royaumes de France et d’Angleterre et parfois aux guerres qui les opposent.
Le Comte qui, malgré un règne assez bref, deviendra le seigneur vénéré entre tous, c’est Charles le Bon ( 1119 – 1127 ).
Le 12ème siècle sera surtout dominé par Thierry d’Alsace ( 1128 – 1168 ) et par son fils Philippe d’Alsace ( 1168 – 1191 ) qui succèdent à Charles le Bon.
La lutte permanente entre le roi de France et le Comte dominera l’histoire des Flandres.
Bruges sera pendant au moins deux siècles au centre de toutes les disputes et de toutes les guerres.
Le membre le plus illustre de la seconde dynastie flamande a été Baudouin VIII, Comte de Flandre et de Hainaut, devenu empereur de Constantinople en 1204 sous le nom de Baudouin 1er.
Ce sont deux femmes qui dominent le 13ème siècle.
Jeanne de Constantinople  ( 1202 – 1244 ) et Marguerite de Constantinople ( 1244 – 1280 ), filles de Baudouin VIII.
Jeanne est une des bienfaitrices de Bruges, du fait qu’elle y a organisé les foires annuelles qui existaient depuis le 9ème siècle.
D’après V. Tourneur, les gros tournois de Philippe le Bel présentant le chatel sommé d’un lis doivent être attribués à Bruges où le roi de France y a fait battre monnaie en 1298.
En effet, des gros du Comte Robert de Béthune, frappés à partir de 1305, ont également une fleur de lis sur le chatel.
Louis II de Male ( 1346 – 1384 ) a été le dernier Comte de Flandre.
Il n’avait qu’une fille qu’il donna en mariage au Duc de Bourgogne, Philippe le Hardi ( 1384 – 1404 ), mettant ainsi fin à la dynastie issue de Baudouin 1er Bras-de-Fer. La Flandre fut réunie, en 1385, à la Bourgogne.
Au 14ème siècle, les Flamands luttèrent contre les rois de France, notamment pendant la guerre de Cent Ans.
Cette période fut cependant pour Bruges l’amorce d’un déclin.
En 1529, François 1er, roi de France, signe le traité de Madrid par lequel il renonce définitivement à tous ses droits sur nos provinces au profit de l’Empereur Charles Quint.
La Flandre fut ainsi partie intégrante des Pays-Bas espagnols.
Au 17ème siècle, la Flandre perdit de nombreuses villes au profit de la France.
Louis XIV en annexa le Sud en 1668 et 1678.
 
Le 1/2 écu de Flandre dit " Carambole".
Le surnom de "Carambole" fréquemment employé pour désigner ces monnaies proviendrait du terme espagnol "carambola" signifiant duperie, embûche.
En effet, les émissions particulières à la Flandre furent ordonnées par Louis XIV afin de faire cesser la circulation de monnaies étrangères dans les territoires conquis de Flandre, de Hainaut, de Cambrésis et de Luxembourg.
L’écu de Flandre, même s’il était le plus lourd écu jamais frappé, était surévalué de près de 4%.
Son titre était calculé afin de ne correspondre à aucune monnaie en circulation et obliger leur refonte.
En 1717, Charles VI, Empereur d’Autriche, est intronisé comme Comte de Flandre à Gand.
En 1744, Charles de Lorraine procède à l’intronisation de Marie-Thérèse comme Comtesse de Flandre.
Parties du royaume des Pays-Bas en 1815, les deux provinces de Flandre occidentale, chef-lieu Bruges, et de Flandre orientale, chef-lieu Gand, furent attribuées au royaume de Belgique en 1831.
 
voir photos dans l’album photo " Le Comté de Flandre".
 

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