Le franc belge, une ancienne monnaie.

Sa naissance.
 
La jeune Belgique dont la Constitution qui accorde en son article 74 au Roi le droit de battre monnaie en application de la loi a été votée en 1831. Sur le plan monétaire, la jeune nation a vécu dans le chaos.
On trouve, en circulation, de l’argent hollandais, des monnaies françaises et des pièces venant de la Principauté de Liège et des Pays-Bas autrichiens.
Début 1832, le Ministre des Finances J. Coghen avait déposé à la Chambre un projet loi sur la frappe d’une monnaie belge.
Le choix du franc n’allait pas de soi. Le florin avait reçu peu de soutien dans le Parlement belge, on avait même songé à une dénomination nouvelle, pentagramme, fondée sur la composition de 5 grammes d’argent.
L’unité monétaire proposée était la "livre belge", pièce d’argent de 5 grammes.
Mais aujourd’hui, 5 juin 1832, les parlementaires ont préféré la dénomination "franc" à laquelle le gouvernement a dû finalement se rallier.
Le franc belge voit le jour dans les ateliers de la Monnaie Royale de Bruxelles.
Depuis sa parution, le franc belge a été le miroir de tous les événements politiques, économiques et sociaux de la Belgique.
 
Sa vie.
 
Léopold 1er Georges Christian Frédérik de Saxe-Cobourg et Gotha, Duc de Saxe, Roi des Belges de 1831 – 1865.
 
Sur les premières pièces, Léopold 1er porte une couronne de feuilles de chêne, symbole d’un roi avisé, sage et fort, contrairement au laurier qui couronne le roi des batailles.
Sur les pièces en or, le roi regarde vers la droite, en direction de l’avenir.
Sur celles en argent, il regarde vers la gauche, considérant ainsi le passé.
Les pièces en cuivre n’étaient pas estimées suffisamment nobles pour porter le portrait du roi. On a préféré y faire figurer un monogramme.
Les premières séries de monnaie frappées se composent de pièces en argent de 5, 2, 1, 1/2 et 1/4 de franc et de pièces en cuivre de 10, 5, 2 et 1 centime.
Des pièces en or de 40 et 20 francs sont également frappées mais ne seront jamais mises en circulation vu le prix élevé de l’or.
Cette première série de monnaies, portant l’effigie du roi à la couronne de feuilles de chêne, a été conçue par Joseph-Pierre Braemt, maître-graveur à la Monnaie à Bruxelles.
Vu la hausse du prix de l’or, le poids d’or par franc fixé légalement devait être réduit.
Les premières monnaies en or réellement mises en circulation sont les pièces de 25 et 10 francs, Léopold 1er Tête nue.
Ce sont les seules pièces belges mentionnant le titre et le poids sur la pièce.
En 1860, de nouvelles pièces de 5, 10 et 20 centimes en cupronickel sont mises en circulation à la place des grosses pièces en cuivre et des monnaies divisionnaires.
Pour éviter toute confusion avec la monnaie divisionnaire en argent, les pièces de 5 et de 10 centimes ont été frappées sans effigie royale.
Pour cette raison la monnaie d’appoint en cupronickel a été, par la suite, pourvue d’une perforation centrale.
La Belgique est un des premiers pays a utilisé, pour ses monnaies, cet alliage de cuivre et de nickel.
Aujourd’hui, cet alliage reste le plus utilisé au monde pour la frappe des monnaies.
La pièce de 20 francs en or Léopold 1er Tête nue marque le début de la période florissante des monnaies belges en or.
 
 
Léopold II Louis Philippe Marie Meinard, Roi des Belges 1865 – 1909.
Le 17 décembre 1865, Léopold II prête le serment constitutionnel et devient le 2ème Roi des Belges.
 
L’ascension au trône a eu lieu au mois de décembre: c’est ce qui explique pourquoi les pièces de 5 francs portant l’effigie du nouveau souverain et datées de 1865 sont plutôt rares et ont en réalité été frappées en 1866 ou en 1867.
L’an 1865 a vu également la création de l’Union monétaire latine entre la Belgique, la France, l’Italie et la Suisse.
Par cette union, les pays signataires voulaient mettre fin à la spéculation qui résultait du double standard monétaire.
A partir de 1876, la frappe de la monnaie de référence de 5 francs a été totalement stoppée.
Il faudra attendre l’introduction du Belga pour que la production de pièces de 5 francs soit reprise.
Les premières pièces en argent à l’effigie de Léopold II ( 5francs, 2 francs, 1franc et 50 centimes ) et la pièce en or de 20 francs ont été dessinées par Léopold Wiener.
L’arrêté royal du 15 juin 1867 prévoyait également l’émission d’une pièce en or de 10 francs.
Seules des épreuves de cette pièce existent.
Les premières pièces commémoratives sont frappées en 1880, à l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance belge ( 1 franc, 2francs ) avec le double portrait de Léopold 1er et Léopold II .
Les premières pièces dont le texte était frappé en néerlandais sont émises dès 1886.
En 1901, les pièces de Wiener sont remplacées par une nouvelle série signée Thomas Vinçotte.
A cause du relief très prononcé, la première pièce de 50 centimes s’usait anormalement.
Elle a été remplacée par les pièces dites " à la barbe large".
Les pièces en cupronickel de Braemt sont remplacées par des pièces de 5, 10 et 25 centimes frappées dans le même métal et signées Alphonse Michaux. C’étaient les premières pièces européennes perforées en leur centre.
 
 
Le seul fils légitime de Léopold II étant mort en 1869, c’est son neveu Albert, fils de son plus jeune frère Philippe, comte de Flandre, qui lui succéda en 1909.
 
Albert 1er Léopold Clément Marie Meinrad, Roi des Belges 1909 – 1934.
Lorsqu’Albert accéda au trône, il n’y avait plus eu de frappe de pièces en or et de pièces de 5 francs en argent depuis plus de 25 ans.
Des pièces de 2 francs, 1 franc et 50 centimes ont été mises en circulation. Leurs motifs sont l’oeuvre de Godefroid Devresse.
Les autres dénominations ont été adaptées par Alphonse Michaux.
Peu avant 1914, le gouvernement a décidé de frapper de nouvelles pièces en or d’une valeur de 100, 20 et 10 francs.
Mais suite au déclenchement de la guerre, la production de monnaies en or s’est limitée à un petit nombre de pièces de 20 fr.
Godefroid Devresse y a représenté le roi en uniforme de commandant en chef de l’armée.
Pour la légende, il avait repris la maxime utilisée sur la tranche des premières monnaies : Dieu protège la Belgique.
Entre 1911 et 1914, on a frappé également des épreuves de la pièce de 100 francs, qui n’a jamais été mise en cieculation.
En 1914, la frappe monétaire a été arrêtée provisoirement. A défaut de pièces de monnaie, on a imprimé des billets.
Pendant la première guerre mondiale, la Monnaie a frappé des pièces en zinc sur demande de la Banque nationale ( le zinc n’était pas utilisé dans l’industrie de la guerre).
Les monnaies conçues par Alphonse Michaux pour le compte de l’occupant ne portaient aucune référence au Roi ( 50, 25, 10 et 5 centimes ).
Pour la première fois, l’indication du pays est bilingue sur des pièces de monnaie belges.
Cette adaptation a été appliquée à la demande de l’occupant allemand.
Pendant la guerre, des pièces en argent de 1 franc ont été frappées dans un atelier privé, "The Mint" à Birmingham.
Une partie des pièces de l’année 1914 sera mise en circulation dans la partie libre de la Belgique ainsi qu’au Congo.
Les pièces millésimées 1917 et 1918 n’ont jamais été mises en circulation.
Après l’armistice, ces pièces en argent frappées en 1917 et en 1918 ont été refondues.
Des grandes quantité de Reichsmark surévalués ont entraîné une inflation galopante après la guerre rendant les pièces de 2 et 1 centime en cuivre inutile.
La frappe de monnaie en or et en argent a été abandonnée.
En 1925, la Belgique s’est retirée de l’agonisante Union latine.
En remplacement de certaines monnaies en argent remontant à la période précédant la guerre, le gouvernement a décidé d’émettre des "jetons-bons-monétaires" avec la mention "bon pour", indiquant qu’ils représentaient des monnaies "réelles".
A l’avers, l’effigie du roi faisait place à l’image d’une femme agenouillée.
Sur le revers, le caducée symbolise le redressement de l’économie et du commerce.
Les monnaies du type "Belgique blessée" sont les premières monnaies belges portant une valeur faciale de 50 centimes ou supérieure à ne pas être frappées dans un métal précieux.
En 1923, les monnaies de guerre en zinc ont été remplacées par des pièces de 25, 10 et 5 centimes, d’abord en cupronickel et dès 1930 en maillechort pour les 10 et 5 centimes.
L’étoile sur le revers de ces deux monnaies permet de les distinguer des émissions précédentes.
Le 25 octobre 1926, une nouvelle unité monétaire, le Belga ( 5 francs) a été créée.
Une pièce libellée en cette nouvelle unité a été frappée en 1930.
La même année, Armand Bonnetain a gravé pour le centenaire de l’Indépendance belge une pièce en nickel de 10 francs / 2 Belgas portant l’effigie des trois premiers souverains belges.
Un an plus tard, la série a été complétée par une pièce de 20 francs / 4 Belgas.
 
 
Léopold III Philippe Charles Meinrad Hubert Marie Miguel,
Roi des Belges 1934 – 1951.
 
Après le décès inattendu du Roi Albert 1er, la frappe des monnaies à l’effigie de Léopold III a démarré en 1934, avec l’émission de pièces en argent de 20 francs et 1936 avec les pièces de 5 francs en nickel, créées par Marcel Rau.
La frappe des pièces en nickel de 1 franc et de 50 centimes a continué en 1934 et 1935.
En 1935, différentes mesures ont été prises pour relancer l’économie.
La monnaie commémorativeconçue spécialement à l’occasion de l’exposition universelle et du centenaire des Chemins de fer belges a été mise en circulation à la valeur nominale de 50 francs au lieu de 40 francs comme c’était prévu et comme on peut lire sur un certain nombre d’exemplaires.
C’est la première pièce belge a représenté un bâtiment.
L’arrêté du 10 novembre 1938 institua une réorganisation de la monnaie divisionnaire.
Oscar Jespers a conçu une nouvelle série de pièces de 25, 10 et 5 centimes frappées en maillechort et percées en leur centre.
Leur avers présente l’initiale royale tandis que leur revers porte les écussons de trois chefs-lieux de province.
Cette série a été complétée de pièces de 5 francs, 1 franc et 50 centimes conçues par Ernest Wijnants, sur le revers desquelles on retrouve les armoiries des provinces.
Avec le déclenchement de la Seconde guerre mondiale, la pièce de 50 centimes n’a jamais été mise en circulation.
En 1939, la pièce de 50 francs lancée à l’occasion de l’exposition universelle de 1935 a été remplacée par une pièce de la même valeur représentant l’effigie du roi et les armoiries des neuf provinces.
A partir du 17 juin 1940, l’occupant allemand a imposé l’utilisation des pièces de 10, 5, 2 et 1 Pfennig parallèlement à la monnaie belge.
Dès 1941, on s’est mis à monnayer le zinc en pièces de 25, 10 et 5 centimes d’après les types existants de Jespers.
Pour les pièces de 5 francs et 1 franc, un nouveau projet a été réalisé par Marcel Rau.
La pièce de 5 francs représente le portrait de Léopold III, alors en captivité, et porte le titre de souverain.
De toutes les pièces à l’effigie de Léopold III, c’est la seule dans ce cas.
L’autorité allemande a ordonné le retrait des pièces de 5 francs en nickel.
Seuls 16% d’entre elles ont été rentrées.
En 1944, la direction de la Banque nationale, exilée en Angleterre, a fait réaliser par la Monnaie de Philadelphie des pièces de 2 francs en acier galvanisé ( frappe illégale).
Après la libération, seule une petite partie d’entre elles ont été mises en circulation.
Le 8 septembre 1944, le gouvernement était rentré de son exil londonnien mais le Roi Léopold était toujours prisonnier. Un régent a été nommé.
 
 
Charles , fils d’Albert 1er et Elisabeth.
Comte de Flandre.
 
Le 21 septembre 1944, Charles, le plus jeune frère de Léopold, prêtait serment sur la constitution.
Entre-temps, le pouvoir d’achat du franc était considérablement affaibli.
On a retiré les pièces en argent de 50 et 20 francs pratiquement disparues de la circulation et on a continué à frapper des monnaies en zinc jusque 1947.
C’est au début de l’année 1946 que le Belga a été légalement abrogé.
A partir de 1948, pendant la régence du Prince Charles, les monnaies ont été pourvues de nouvelles effigies.
Mercure, Dieu du commerce, figure sur les pièces en argent de 50 et 20 francs.
Les portraits des rois belges dans l’ordre chronologique ( le plus ancien étant à l’avant plan ) sont gravés sur la pièce de 100 francs.
Les pièces en cupronickel de 5 et 1 franc présentant le profil de Cérès, déesse de l’agriculture, et les pièces de 50 et 20 centimes, portant l’effigie d’un mineur et mises en circulation au début du règne du Roi Baudouin, appartiennent également à la numismatique de la régence.
La pièce de 10 centimes prévue à l’origine ne sera jamais frappée.
Ces monnaies sont restées en circulation jusqu’au début des années 1980.
 
 
Baudouin, Albert, Charles, Léopold, Axel, Marie, Gustave,
Roi des Belges 1951 – 1993.
 
Pendant le règne du Roi Baudouin, on a continué à frapper les pièces de la régence.
La pièce en cupronickel de 25 centimes à initiale royale a donné le signal d’un renouveau qui s’est prolongé en 1969 avec la pièce de 10 francs et en 1980 avec celle de 20 francs.
Ces deux monnaies ainsi que la pièce de 1 franc de 1989, portent l’effigie royale gravée par Harry Elstrom.
Avec les nouvelles pièces de 5 francs ( 1986) et de 50 francs ( 1987), Jean-Paul Laenen a tenté d’insuffler une vie nouvelle à notre art numismatique national, plutôt traditionaliste.
La nouvelle pièce de 5 francs a fait sensation.
Les pièces de 50 et 20 francs sont d’ailleurs conformes à la politique du Trésor consistant à remplacer ses billets par des pièces.
De nombreuses monnaies commémoratives, dont certaines en métal précieux, ont été frappées pendant le règne du Roi Baudouin.
La pièce en argent de 50 francs Expo 58 est la première pièce belge portant l’effigie du Roi Baudouin.
C’est en 1960, à l’occasion de son mariage avec Fabiola di Mora y Aragon, qu’une ancienne coutume a été reprise.
En effet, la monnaie commémorative du mariage porte le différent de l’atelier ( la tête de Saint-Michel) ainsi que la marque du commissaire des Monnaies ( une tête d’agneau, marque de G. Lamquet).
Son successeur, R. Vogeleer, signait d’un oiseau stylisé avec un V, tandis que l’actuel Commissaire des Monnaies, Romain Coenen, signe ses pièces avec une petite balance.
Cette monnaie commémorative est la première pièce belge à porter l’effigie d’une Reine et de ne pas être émise dans une langue nationale.
Cette version de la tête casquée de l’archange Saint-Michel a uniquement été utilisée sur cette pièce.
Plus tard, une croix a été placée sur la tête de l’archange Saint-Michel tel qu’il trône au-dessus de l’hotel de ville de Bruxelles.
Des pièces en argent de 500 francs ont été émises à l’occasion de son 60ème anniversaire et du 40ème anniversaire de son accession au trône.
Il s’agit des premières pièces de monnaie, libellées en francs belges, frappées en version allemande.
Les médailles monétiformes en or émises à l’occasion du 150ème anniversaire de l’indépendance en 1980 et les pièces commémoratives libellées en écu étaient déjà munis d’une légende allemande.
Toutes les pièces en écu ont été démonétisées par une loi du 30 octobre 1998.
 
 
Après le décès du Roi Baudouin le 31 juillet 1993, son frère Albert accède au trône et prête serment comme sixième Roi des Belges le 9 août 1993.
 
Albert II Félix Humbert Théodore Christian Eugène Marie, Roi des Belges depuis 1993.
 
Le 31 mars 1994, le Souverain en personne actionne les presses frappant les premières monnaies portant son effigie.
C’est la première série complète de pièces de monnaie, composée de 1, 5, 20 et 50 francs depuis 1948.
Il s’agit également des dernières pièces de circulation libellées en francs belges.
De nombreuses monnaies commémoratives ( 50, 200, 250, 500 et 5000 francs) ont été émises.
Les pièces commémoratives de 200 francs Millénium ont été émises à l’occasion du passage à l’an 2000.
Les trois pièces portent la même effigie royale, tandis que les revers représentent trois thèmes centraux ( ville, univers, nature), à savoir un thème par version linguistique.
La valeur nominale inhabituelle a évidemment été choisie en fonction de l’année d’émission 2000.
Vu la démonétisation imminente du franc belge, la pièce de 500 francs émise à l’occasion de la présidence Belge à l’Union Européenne du 1er juillet jusqu’au 31 décembre 2001 n’a été produite qu’en frappe médaille et en qualité proof.
Longtemps, on a cru que la nouvelle monnaie s’appellerait Ecu.
Mais le 15 décembre 1995, les dirigeants européens réunis à Madrid ont choisi le nom plus neutre d’ Euro.
 
 
Le retrait de la circulation du Franc Belge a été annoncé dans sa 170ème année.
Mais grâce aux collectionneurs et numismates, feu le franc belge restera éternel.
 
 
Voir photos dans les différents albums de photos ( un par souverain).
 
 
 
 

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