La monnaie anglaise du 10ème siècle à nos jours.

Une fois les royaumes anglo-saxons réunis, après la victoire sur les danois, c’est le roi Edgar (959-975) qui a jeté les bases d’un système durable suivant lequel le monnayage royal a été organisé pendant 150 ans.
Il a limité la circulation des pièces à six ans, terme qui a été encore réduit de moitié plus tard.
Les risques d’usure étant limités, la dépréciation l’a été également.
Le nombre d’ateliers a été croissant mais ils étaient tous royaux.
Jusque vers 979, le type a été uniforme : au droit, un buste royal ; au revers, une croix minuscule.
La coutume de renouveler les pièces régulièrement a été abandonnée par Henri II (1154-1189) mais elles avaient toujours la qualité et le poids souhaités.
Le type nouveau à la croix courte, cantonnée de 4 fois 3 globules, s’est maintenue près de un siècle comme le type de l’esterling auquel Henti III (1216-1272) n’a modifié que la croix (elle est devenue une "long cross").
Les premières monnaies d’or qu’Edouard III a frappé, à partir de 1344, avaient le même défaut que l’écu de Louis IX en France, près d’un siècle plus tôt. Elles étaient surévaluées.
Elles ont dû être retirées et remplacées par les "nobles", pièces qui pesaient 8,97 gr (plus tard 7,78 gr).
C’était la première fois qu’une monnaie a atteint la valeur du tiers d’une Pound (livre).
Le monopole royal n’a souffert d’exception que de la part des archevêques de Canterbury et de York ainsi que des évêques de Durham. Cette situation est demeurée inchangée pendant tout le XVème siècle.
Le droit de battre est resté limité au denier, à l’exclusion de la grosse monnaie et de la monnaie d’or, où le roi était le maître absolu.
Henri VII Tudor ( 1485 – 1509 ) a fait frapper le sovereign (souverain). Pièce de 15.55 gr d’or, pratiquement pur (994/1000), valait une pound.
A côté de cette pièce, on trouve des pièces en argent tel " le groat " réalisé par le graveur Alexandre de Bruxelles.
A partir de 1552, les monnaies sont presque toujours datées.
En 1560, sous le règne d’Elisabeth 1ère, une première tentative a été faite pour mécaniser la frappe à Londres.
Mais là, comme en France, on s’est heurté à la résistance des monnayeurs craignant perdre leur emploi.
Sous Charles II ( 1660 ), le monnayage au marteau continue à fonctionner concurremment avec celui au moulin.
A partir de 1662, toutes les pièces sont fabriquées mécaniquement.
Vers 1663, les sovereign, pièces de 20 shillings, ont reçu le nom de guinée.
La première monnaie légale de cuivre a été une pièce de la communauté de Bristol, sous Elisabeth 1ère.
Cette pièce est carrée et porte C.B., et au revers les armes de Bristol (un navire sortant d’un château).
Les monnaies de cuivre sont apparues sous Charles II.
Le halfpenny et le farthing portent la Bretagne assise. Il existe aussi des farthings en étain ( 1 farthing = 1/4 de penny ).
Toutes les pièces en or de 1703 portent " Vigo " sous le buste parce que le métal venait des galions espagnols pris dans la baie de Vigo en 1702.
Sur les monnaies d’argent de Georges 1er ( 1714 – 1727 ), l’origine du métal est indiqué par des signes ou des lettres.
Des plumes indiquent l’argent provenant des mines du pays de Galles, des roses pour celui provenant des mines d’Angleterre.
Sou Georges II ( 1727 – 1760 ), des pièces en or portent les lettres E.I.C. (East India Cie) ou Lima. Or pris par des corsaires.
L’origine de l’or est ainsi officiellement reconnue.
Pendant toute la durée du règne de Marie et Guillaume d’Orange ( 1689 – 1702 ), la guinée est demeurée égale à 30 shillings au lieu de 20 shillings. Guillaume n’a pû la rabaisser qu’à 21 shillings et 6 pennies.
Georges III ( 1760 – 1820 ) a été dans l’impossibilité d’émettre de grandes pièces d’argent et est contraint de ne plus frapper celles de 2 et 5 guinées d’or. Il a fait fabriquer des tiers et des quarts de guinée.
En 1797, des pièces espagnoles de 8 réaux contremarqués de son petit portrait ovale sont entrées dans la circulation pour 4 shillings 9 pence.
Avec sa monnaie d’appoint, l’Angleterre a eu souvent des problèmes.
Elle a fabriqué des pièces de 1 et 2 pence en cuivre qui ont reçu le surnom de "Roue de char" (penny cartwheel) tellement elles étaient grandes et lourdes ( 28 et 57 gr). Il n’y a eu qu’une seule émission en 1797.
Sous Georges IV et Guillaume IV ( 1820 – 1830 ), on a frappé des 1/2 et des 1/3 de farthing pour les colonies.
Le Parlement a voté, en 1816, le passage à l’étalon d’or.
Les pièces d’argent anciennes ainsi que les jetons ont été retirés de la circulation et remplacés par une nouvelle série de monnaies d’argent (la 1/2 couronne ou 1/2 crown, le shilling, le six pence, la couronne ou crown n’étant mise en circulation qu’une fois la réforme bien lancée).
Dans les pièces d’or, le sovereign d’une pound a remplacé la guinée.
En 1836, la pièce de 4 pence a été introduite pour des questions de facilités de payements.
En 1849, la monotonie du règne de Victoria a été brisé par la frappe de 2 shillings " appelée Florin".
Au 20ème siècle, le monnayage britanique a subi les répercussions des deux guerres mondiales.
Avec la première guerre mondiale, la monnaie d’or a disparu.
En 1947, la monnaie d’argent a été remplacée par celle en cupro-nickel.
Le 15 février 1971, la décimalisation de la monnaie, la livre ne comporte plus 240 pence mais 100 pence nouveaux (new pence).
 
Voir photos dans l’album photos.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s