La monnaie russe.

Grande nation mais pauvre en numismatique.
 
A l’origine, le commerce intérieur et extérieur des habitants de l’Europe orientale se faisait au moyen de fourrures (peaux de martre, de zibeline et d’hermine).
Il est probable que chaque ville avait sa monnaie de cuir, utilisée pour le commerce de détail, tandis que les fourrures entières et l’argent au poids servaient pour les grands achats.
En 1700, Pierre le Grand défendait la circulation des coupons de cuir employés comme petite monnaie.
 
Les plus anciennes monnaies russes paraissent être celles de la principauté de Kiev et remontent au Xème siècle.
Ces pièces d’or ou d’argent ont été imitées des monnaies des empereurs grecs, les types byzantins et l’irrégularité des lettres russes peuvent faire croire que ces monnaies ont été gravées par des artistes de Byzance.
 
Lorsque la Russie est passée sous la seconde domination des Mongols (1240), des tributs ont été exigés en monnaie métallique.
Les Mongols ont exigé sur ces pièces en signe de soumission, le "tamgha" (emblème) de la horde d’or.
Les monnaies portaient des deux côtés des légendes arabes.
 
Plus tard, les princes russes ont introduit sur la monnaie des emblèmes nationaux.
Les plus anciennes monnaies de ce genre ne portent pas le nom du prince et sont par conséquent difficiles à déterminer.
 
A une époque où le pays ignorait la frappe de la monnaie, le rouble apparaît en Russie, fin XIIIème siècle.
Ce terme semble avoir désigné des lingots d’argent appelés aussi "grivny".
Au moment où reprend la frappe de la monnaie d’argent (XIVème siècle), le rouble apparaît comme unité de compte.
 
Les monnaies russes d’argent ont porté du XIIIème au XVIème siècle le nom de "dengui" (au singulier: denga).
Ivan III, grand prince de Moscou, a été le dernier dont les monnaies bilingues rappelaient la conquête tartare.
 
La Moscovie étant devenue, depuis 1517, le seul état souverain de la Russie, on procède en 1534 à la centralisation de la frappe monétaire.
Les dengui prennent le nom de kopek (singulier: kopeika, du mot kopié, lance, parce qu’elle porte un cavalier tenant une lance abaissée), pièce deux fois plus lourde que l’ancienne denga moscovite.
 
Les monnaies de la valeur d’1/2 kopek, qui présentent un cavalier brandissant un sabre prennent le nom de dengui.
Le rouble du temps d’Ivan IV le Terrible était un lingot d’or.
Les premiers roubles d’or monéiformes n’apparaissent qu’au XVIIème siècle.
Les anciennes monnaies russes, le plus souvent d’une forme oblongue, représentent le prince à cheval, tenant un faucon au poing, quelques fois brandissant un sabre et accompagné d’un chien.
Les symboles du christianisme sont rares, et on peut considérer comme une exception la pièce du grand prince Wasili l’Aveugle (1425 – 1462).
Les monnaies de cuivre ne paraissent pas remonter au delà du XVème siècle, elles portent le nom de pouly (du tartare poul, écaille de poisson).
L’aigle à deux têtes paraît d’abord sur des pouly du XVème siècle, il devient le type principal.
Beaucoup de pièces portent des noms de villes : Moscou, Pskow, Novgorod …
Le titre de grand prince (Velikii Kias) est celui que l’on trouve sur les monnaies russes avant 1547.
On connait, sous le nom de "Ssoïuznyia", monnaie d’alliance, de rares pièces portant le nom de deux princes.
On appelle "mordowkis" des imitations de kopek fabriqués par les Mordwas, les Tartares et autres peuplades pour l’ornementation de leurs costumes.
Quant aux monnaies d’or, il est presque prouvé qu’il n’en existait pas en Russie, sous les grands ducs.
On ne sait si les grandes pièces d’or des Tsars étaient des monnaies ou des médailles et marques de distinction.
L’usage de faire présent de médailles d’or s’est conservé jusqu’au règne de Pierre le Grand.
 
Vers 1483, le roi de Hongrie, Mathias Corvin, a envoyé des mannayeurs au grand duc de Russie.
Il existe un ducat à l’imitation de ceux de Hongrie, pièce d’épreuve exécutée par ses ouvriers et portant le nom du grand duc Ivan.
 
Après le temps des troubles, la monnaie s’est trouvée sensiblement dépréciée, aussi le rouble d’argent fabriqué avec des thalers allemands mis en circulation en 1654 et remplacé en 1655 par l’éfimok, avait-il tout juste la valeur de 64 kopek anciens.
La même année, le gouvernement d’Alexei Mikhailovitch a fait frapper des kopek en cuivre.
Leur dévaluation rapide a provoqué le soulèvement de 1662 et le gouvernement a dû retirer ces pièces de la circulation.
Celà n’a pas empêché la dévaluation de la monnaie d’argent.
 
Au début du XVIIIème siècle, Pierre le Grand a établi un nouveau système monétaire.
Il a fait venir des graveurs étrangers. Les monnaies ont commencé à être parfaitement rondes et frappées au balancier.
Les pièces marquées de CM ( suzunskij monetnoj), atelier monétaire, sont exécutées au balancier.
En 1718, on commence à mettre des inscriptions sur la tranche des roubles et des 1/2 roubles ( poltiny).
Les monnaies de Pierre le Grand sont en or ( des pièces de 1 et 2 ducats, de 2 roubles), en argent (2roubles et leurs divisions, des tymfs, et des pièces de 1, 3, 5, 10 kopek, des 1/2 et 1/4 de kopek).
Les pièces de 3 kopek sont appelées "altyns" et celles de 10 kopek "grivny", en cuivre des pièces de 1/2, 1, 2, et 5 kopek ; des poluszki (1/4 de kopek) et des 1/2 poluska.
Les types ordinaires sont le buste du souverain et l’aigle de Russie, les légendes sont russes ou latines.
 
Jusque l’an 1700, le millésime est compté depuis la création du monde.
Mais en 1700, qui correspond à l’an du monde 7208, on commence à compter depuis la naissance de J-C.
Dans les deux cas, les chiffres sont notés en lettres slavonnes.
 
L’hotel des monnaies de St. Petersbourg ne commence à fonctionner qu’en 1724.
Jusque cette époque, les monnaies sortent des quatre ateliers de Moscou.
 
Catherine, Pierre II, Anna, Jean II et Elisabeth continuent le monnayage de Pierre le Grand.
A signaler le rouble carré en cuivre de Catherine 1ère.
 
En 1755, Elisabeth définit une valeur or du rouble.
Le 25 octobre 1756, l’édit a décidé la frappe de pièces d’argent pour l’Estonie et la Livonie.
De 1759 à 1761, on a frappé pour la Prusse.
Sous Catherine II, on a frappé pour la Sibérie, la Moldavie et la Valachie.
A partir de 1769, la politique coûteuse de Catherine II bouleverse le système monétaire par l’émission d’assignats rendue nécessaire.
L’unité monétaire n’a été rétablie qu’en 1843 par la réforme de Kankine.
Nicolas 1er émet des pièces de 3, 6 et 12 roubles en platine.
Sous Alexandre, on trouve des lettres qui sont les initiales des divers ateliers monétaires.
Des roubles et 1/2 roubles d’argent d’Alexandre ont été frappés à Birmingham comme pièces d’essai avec la machine de Boulton, machine qui avait été commandée pour l’atelier de St. Petersbourg.
 
Je remercie Sigi, membre du Cercle Numismatique Liégeois, pour sa documentation.
 
 
Voir photos dans l’album photos "La monnaie russe".
 
 

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